L'essentiel à retenir
Les crises de colère sont une étape normale entre 18 mois et 3 ans, le fameux « terrible two ». Le cerveau de votre enfant n'est pas encore mûr pour gérer la frustration. Pendant la crise : restez calme, ne cédez pas, mettez des mots sur l'émotion et sécurisez. On raisonne une fois le calme revenu, jamais pendant.
Temps de lecture : 7 minutes | Sources : Naître et grandir, mpedia, ameli
Votre enfant adorable se transforme en quelques secondes : il hurle, se jette par terre, tape, refuse tout. Vous vous sentez démuni, parfois jugé dans un lieu public. Rassurez-vous : ces crises sont non seulement normales, mais nécessaires au développement de votre enfant. Voici pourquoi elles arrivent et, surtout, comment y réagir sans s'épuiser.
Le terrible two : pourquoi ces colères
Vers 2 ans, votre enfant vit une tension entre deux forces : il veut faire seul et affirmer sa volonté, mais son cerveau n'est pas encore capable de gérer la frustration ni de mettre des mots sur ses émotions. Quand il se heurte à un « non » ou à une limite, la colère déborde d'un coup. C'est ce qu'on appelle le « terrible two ».
Cette étape, aussi épuisante soit-elle, est un signe de bon développement. Votre enfant prend conscience qu'il est une personne distincte, avec ses désirs propres. Les crises sont sa façon, encore maladroite, d'exprimer une émotion qui le dépasse. Ce n'est ni de la manipulation, ni un défaut d'éducation. Le savoir change déjà beaucoup de choses dans la façon de réagir, et allège la culpabilité de bien des parents.
À quel âge et combien de temps
Les colères apparaissent souvent dès 18 mois, atteignent leur sommet entre 2 et 3 ans, puis s'espacent progressivement. Vers 4 ans, la plupart des enfants gèrent beaucoup mieux la frustration, à mesure que le langage et la maîtrise des émotions se développent.
L'intensité et la fréquence varient énormément d'un enfant à l'autre, sans que cela dise quoi que ce soit de son caractère futur. Un enfant qui fait beaucoup de crises n'est pas un enfant « difficile » : il traverse simplement cette période avec son tempérament. Le développement du langage aide d'ailleurs à réduire les crises, car votre enfant peut alors dire ce qu'il ressent.
Que faire pendant la crise
En pleine crise, votre enfant n'est pas en état d'écouter ni de raisonner. L'objectif n'est donc pas de le faire taire, mais de l'accompagner jusqu'à ce que la vague passe. Le plus important : rester vous-même calme, car votre sérénité l'apaise plus que n'importe quel mot.
| À faire | À éviter |
|---|---|
| Garder son calme, baisser la voix | Hausser le ton ou crier plus fort que lui |
| Mettre des mots sur l'émotion | Raisonner ou négocier en pleine crise |
| Sécuriser pour qu'il ne se blesse pas | Le secouer ou le contenir avec force |
| Rester à proximité, disponible | Se moquer ou humilier votre enfant |
| En reparler une fois le calme revenu | Faire comme si rien ne s'était passé |
Ne pas céder, sans punir
C'est l'équilibre le plus délicat. Céder à une crise pour avoir la paix apprend à votre enfant que la colère est un moyen d'obtenir ce qu'il veut. À l'inverse, punir ou gronder une émotion qu'il ne maîtrise pas encore ne lui apprend pas à se calmer et abîme la relation.
La bonne voie passe entre les deux : tenir la limite avec fermeté, mais sans agressivité. Vous pouvez accueillir l'émotion (« tu as le droit d'être en colère ») tout en maintenant la règle (« mais on ne tape pas »). C'est en répétant ce cadre bienveillant, jour après jour, que votre enfant apprend peu à peu à réguler ses émotions.
Comment prévenir les crises
On ne supprime pas les colères, mais on peut nettement les réduire en agissant sur leurs déclencheurs les plus fréquents.
| Déclencheur fréquent | Comment le désamorcer |
|---|---|
| Fatigue, manque de sommeil | Respecter les siestes et un coucher régulier |
| Faim | Prévoir un encas avant les sorties |
| Frustration de ne pas réussir | Aider sans faire à sa place, encourager |
| Transition imposée | Prévenir à l'avance, annoncer la fin |
- Veillez au sommeil et aux repas : un enfant fatigué ou affamé fait beaucoup plus de crises. Respectez les siestes et des horaires réguliers.
- Anticipez les transitions : prévenez avant de quitter le parc ou de passer à table, pour éviter l'effet de surprise.
- Offrez des choix simples : « le pull bleu ou le rouge ? ». Donner un sentiment de contrôle désamorce beaucoup de conflits.
- Formulez les consignes positivement : « on marche » plutôt que « ne cours pas ».
- Aménagez des moments de défoulement : bouger et jouer dehors évacue la tension.
Cette période en croise souvent d'autres, comme l'angoisse de séparation ou l'apprentissage de la propreté. Évitez justement de cumuler les apprentissages exigeants dans une même période de tension.
Et les crises en public ? Ce sont les plus redoutées. Le réflexe est de vouloir faire cesser la crise au plus vite, par gêne du regard des autres. Pourtant, la bonne attitude reste la même qu'à la maison : rester calme, ne pas céder pour acheter la paix, et au besoin mettre votre enfant en sécurité un peu à l'écart le temps que la vague passe. Les autres parents, eux, comprennent très bien ce que vous vivez.
Quand consulter
Les crises de colère sont normales, mais certains signes méritent l'avis de votre médecin : des crises très violentes et très fréquentes qui ne s'apaisent jamais, des comportements qui mettent votre enfant ou les autres en danger de façon répétée, une absence totale de progrès au-delà de 4 ans, ou des colères associées à un retrait et à une perte d'intérêt pour le jeu et les autres. Demander de l'aide n'est pas un échec : c'est une façon de mieux accompagner votre enfant.
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Questions fréquentes
Sources
- Naître et grandir : comprendre et accompagner les crises de colère.
- mpedia.fr : les colères du jeune enfant (pédiatres).
- ameli.fr : développement et émotions de l'enfant.
Dernière mise à jour : juin 2026
